
Une nageoire apparaît au loin et, sur le pont, tout le monde se lève d’un seul coup. C’est cet instant-là, avec le murmure de la foule et les téléphones portables qui sortent des poches, qui détermine le type d’excursion que vous avez choisi. Car c’est là que le capitaine prend sa décision : se diriger vers eux ou faire exactement le contraire.
Nous nous arrêtons. L’Atlantique n’est pas un aquarium, c’est la maison d’autrui où nous sommes invités, et croiser un groupe de dauphins communs ou voir le souffle d’un globicéphale n’est pas un droit : c’est un privilège.
Que signifie réellement être un « bateau bleu » ?
Aux Canaries, l’observation des cétacés est strictement réglementée, mais nous allons encore plus loin. Pour nos capitaines et nos guides, le protocole repose sur trois piliers que nous appliquons à chaque mille parcouru :
- La distance du respect : nous ne forçons jamais la rencontre. Si un groupe de dauphins décide de s’approcher pour jouer dans le sillage du Magic Dolphin ou du Magic Select, c’est parce qu’ils se sentent en sécurité. Sinon, nous maintenons une distance prudente afin de ne pas perturber leurs habitudes alimentaires ou de repos.
- Silence et calme : le bruit est la plus grande pollution de l’océan. Dès que le vent le permet, sur des catamarans tels que le Magic Dreams ou le Magic Deluxe, nous coupons les moteurs et hissons les voiles. C’est dans ce silence absolu que la connexion avec la nature devient réelle.
- Poursuite et contact interdits : en vertu de la loi et de l’éthique, il est strictement interdit de faire cela avec les cétacés aux Canaries. Ce sont eux qui viennent nous voir et nous les observons à distance et avec respect, sans moteurs et sans envahir leur espace.
La première chose à faire est d’arrêter le moteur
Lorsque nous repérons un groupe, nous ralentissons et arrêtons le moteur à la distance de sécurité prévue par la réglementation. Nous ne nous approchons pas d’eux, nous ne les encerclons pas et ne leur barrons pas la route. Nous restons immobiles et laissons la mer suivre son cours.
À partir de là, c’est à eux de décider. Souvent, ils s’approchent du bateau par curiosité, nagent autour et s’amusent un moment : ce moment-là ne s’achète pas et ne se force pas. D’autres fois, ils poursuivent leur chemin sans nous prêter attention, alors nous continuons notre traversée dans la région. Nous racontons les choses telles qu’elles sont, car ce sont des animaux libres et l’observation n’est jamais garantie.
Pourquoi n’avons-nous ni radar ni sonar ?
On nous pose souvent cette question, et la réponse est que nous n’utilisons aucune technologie émettant du bruit ou des vibrations sous l’eau. Le bruit est l’une des pires formes de pollution océanique. Ce que nous recherchons est plus ancien : un changement de couleur de l’eau, le vol agité des puffins, un courant particulier. Depuis 1995, nous parcourons la côte de Jandía et c’est ce métier qui nous mène jusqu’à eux. Nous expliquons cela plus en détail dans la rubrique « Comment nous interprétons la mer pour trouver des dauphins ».
Silence, bougies et distance
Dès que le vent est au rendez-vous, nous coupons les moteurs et hissons les voiles sur des catamarans comme le Magic Dreams ou le Magic Deluxe. C’est dans ce silence que le lien avec ce qui se trouve devant nous devient réel.
Les poursuivre ou les toucher est interdit aux Canaries par la loi, et pour nous aussi par éthique. Nager avec des dauphins sauvages n’est pas non plus autorisé, et nous trouvons cela très bien ainsi.
Un guide qui t’explique ce que tu vois
Nos guides ne se contentent pas de vous montrer où se trouve le raie. Ils vous expliquent pourquoi cette zone est classée « zone spéciale de conservation » et pourquoi les fosses profondes situées face au phare de Morro Jable constituent un habitat si propice à ces espèces.
Nous te donnons également quelques recommandations pour que tu puisses prendre tes photos et tes vidéos en toute sérénité, avec patience et respect. Et un conseil que nous répétons souvent : pose ton téléphone un instant et observe-les de tes propres yeux. Lorsque tu comprends que ce dauphin s’occupe de son petit ou chasse en groupe, ton regard sur l’océan s’en trouve transformé.
Le respect se ressent également à bord
Notre responsabilité ne s’arrête pas à l’observation. Nous avons supprimé les gobelets à usage unique et les avons remplacés par des gobelets en polypropylène réutilisables, afin qu’aucun déchet ne finisse au fond de la mer.
Nous proposons également un service de prise en charge à Costa Calma, Esquinzo, Morro Jable et Jandía, ce qui, en plus de vous faciliter la journée, permet de regrouper les transferts et de réduire l’empreinte écologique de ceux qui viennent naviguer avec nous.
Ce qu’il faut vérifier avant de réserver une sortie
Si vous comparez différentes excursions, certains indices en disent long sur la façon dont les choses se passent à bord. Ne vous laissez pas promettre une observation garantie, car cela ne dépend pas de nous. Vérifiez que le bateau porte le label « Barco Azul ». Assurez-vous qu’un membre de l’équipage vous explique ce que vous voyez. Et surtout, veillez à ce que le bateau s’arrête au lieu de se lancer à la poursuite des nageoires.
La mer te le rend
Naviguer de manière éthique apporte une récompense inattendue : les observations sont plus belles. Un animal qui ne se sent pas pourchassé se montre tel qu’il est et offre des moments qu’aucune poursuite ne permettrait d’observer.
Les dauphins et les baleines sont déjà là. Nous ne faisons que vous emmener à leur rencontre comme il se doit, depuis le port de Morro Jable, à Fuerteventura.
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